Dolce & Gabbana Ramadan 2026 : le Caftan marocain à l’honneur

Pour sa nouvelle collection exclusive dédiée au mois de Ramadan 2026, la maison italienne Dolce & Gabbana opère un virage stylistique marqué en plaçant le caftan marocain au centre de son inspiration. Mise en lumière par la photographe Nima Benati dans un décor d’architecture orientale aux tons chauds, cette ligne prône un dialogue entre l’héritage sicilien de la marque et le savoir-faire ancestral du Maghreb, déclinant des silhouettes fluides aux matières nobles comme la soie et le crêpe.

Une réinterprétation italienne du patrimoine marocain

Loin d’une approche générique de la mode pudique, Dolce & Gabbana choisit cette saison de s’ancrer dans une spécificité régionale forte. La collection s’articule autour de pièces structurantes qui définissent l’élégance maghrébine, avec une attention particulière portée aux coupes. Si les tuniques, les capes, les blouses et les jupes longues composent une partie du vestiaire, c’est bien le caftan marocain qui s’impose comme la pièce maîtresse de cette édition 2026.

L’architecture du vêtement et le choix des matières

La maison de couture a travaillé sur des formes qu’elle qualifie d’essentielles et de raffinées, cherchant à respecter l’esprit originel du vêtement tout en y insufflant les codes de l’esthétique italienne. Cette interprétation se traduit par une fluidité maîtrisée, permise par une sélection rigoureuse de textiles. Le communiqué de la marque précise l’utilisation de matières aériennes telles que le satin de soie, la mousseline, le crêpe de soie, et plus spécifiquement le crêpe marocain, une texture granuleuse et lourde traditionnellement prisée pour son tombé impeccable. Ces tissus permettent de conserver le mouvement naturel des silhouettes tout en offrant la structure nécessaire à la solennité du vêtement de cérémonie.

Une palette chromatique entre désert et joaillerie

L’identité visuelle de la collection repose sur une dualité chromatique. D’un côté, les teintes douces évoquant les paysages arides et la lumière naturelle : le rose poudré, le sable et le bleu ciel dominent les bases textiles. De l’autre, ces tons neutres sont ponctués par des accents intenses rappelant les pierres précieuses, avec l’usage du vert émeraude, du rouge rubis et du bleu saphir. Cette gamme de couleurs est complétée par des imprimés floraux, signature inamovible de Dolce & Gabbana. Des bouquets de roses et de pivoines viennent habiller certaines pièces, créant un pont visuel direct entre les jardins méditerranéens de Sicile et les motifs floraux souvent présents dans la broderie marocaine.

La mise en scène : codes visuels et accessoires

Pour incarner cette rencontre culturelle, la campagne a été confiée à la photographe italienne Nima Benati. Connue pour son esthétique saturée et glamour, elle inscrit ici la collection dans un décor minéral. L’arrière-plan, composé d’architectures majestueuses rappelant les palais orientaux et baigné de couleurs terreuses, sert de toile de fond pour faire ressortir la brillance des soies et l’éclat des accessoires.

L’accessoirisation comme signature de luxe

La stratégie de Dolce & Gabbana consiste à intégrer le caftan marocain dans un écosystème de luxe global. Les silhouettes ne sont pas présentées de manière isolée mais sont accessoirisées avec les éléments iconiques de la marque. Les sacs Sicily, modèles emblématiques de la griffe, sont réinterprétés pour l’occasion avec des finitions dorées et des incrustations de cristaux scintillants, apportant une touche de lumière additionnelle.

En parallèle, la collection s’accompagne de la ligne de Haute Joaillerie « Eleganza ». Les parures présentées se distinguent par des designs sophistiqués qui font écho aux couleurs des textiles. Cette association entre le vêtement traditionnel et la joaillerie occidentale renforce le positionnement haut de gamme de la capsule, transformant le vêtement traditionnel en une tenue de soirée internationale.

De l’Abaya (2016) au Caftan (2026) : l’évolution de la stratégie

L’arrivée du caftan marocain dans le catalogue de Dolce & Gabbana marque une étape de maturité dans la stratégie de la marque envers le marché du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Il y a dix ans, la maison italienne avait été l’une des premières marques de luxe occidentales à lancer une collection officielle d’abayas et de hijabs. À l’époque, la démarche visait une clientèle « musulmane » globale, avec des pièces standardisées répondant aux critères de pudeur.

Un dialogue culturel ciblé

En 2026, l’approche s’est affinée. En ciblant spécifiquement le caftan marocain, Dolce & Gabbana ne s’adresse plus seulement à une contrainte religieuse ou culturelle générique, mais célèbre un patrimoine national précis. La marque présente cette collection comme un « dialogue subtil entre mémoire et innovation », où le passé et le présent s’entrelacent. Ce glissement sémantique est crucial : le vêtement n’est plus uniquement fonctionnel, il devient porteur d’histoire et de savoir-faire artisanaux que la maison de couture affirme vouloir honorer sans dénaturer.

Cette initiative confirme la tendance des grandes maisons de luxe à segmenter leurs offres régionales. Le caftan, symbole de raffinement et de transmission au Maroc, offre à la marque un terrain d’expression idéal pour fusionner ses propres codes baroques avec une tradition vestimentaire séculaire, prouvant que ce vêtement conserve une pertinence stylistique absolue sur la scène contemporaine, à l’image des créateurs locaux qui seront mis à l’honneur lors de la prochaine Caftan Week 2026.