La Fondation Yzza Slaoui vient de franchir une étape majeure de son développement, avec l’obtention du statut de reconnaissance d’utilité publique par décret. Cette distinction, par décret, réservée aux organismes dont l’action présente un intérêt général pour la nation, consacre plusieurs années d’engagement en faveur de la protection et de la promotion du patrimoine culturel marocain. En accédant à ce statut, la fondation se dote de moyens accrus pour structurer ses programmes de sauvegarde des savoir-faire ancestraux et renforcer ses capacités de financement par le biais du mécénat.
Un statut juridique au service de l’exception culturelle
Le décret de reconnaissance d’utilité publique
L’octroi de la reconnaissance d’utilité publique transforme radicalement la capacité opérationnelle de la Fondation Yzza Slaoui. Sur le plan financier, ce décret, publié au Bulletin officiel en janvier 2026, autorise la structure à solliciter la générosité publique et à recevoir des dons ainsi que des legs, tout en offrant aux donateurs, particuliers comme entreprises, des avantages fiscaux significatifs. Cette pérennisation des ressources est un levier indispensable pour financer des projets de longue haleine, souvent coûteux, comme la restauration de pièces historiques ou le soutien à des communautés d’artisans isolées.
L’alignement sur la stratégie nationale de soft power
Au-delà de l’aspect financier, cette décision s’inscrit dans une dynamique nationale de soft power où la culture est érigée en pilier de l’identité et du rayonnement du Royaume. En validant le sérieux et la pertinence de la fondation, l’État marocain confirme sa volonté de s’appuyer sur des acteurs de la société civile crédibles pour accompagner la stratégie nationale de préservation du patrimoine immatériel. Cette collaboration entre les pouvoirs publics et le secteur associatif d’élite permet de multiplier les initiatives de terrain, de l’archivage numérique des motifs traditionnels à l’organisation d’expositions internationales mettant en lumière la diversité des arts marocains.
Les axes d’intervention : de la transmission à la valorisation
La sauvegarde des savoir-faire en péril
L’une des missions fondamentales de la Fondation Yzza Slaoui réside dans la sauvegarde des savoir-faire en péril, particulièrement dans le domaine de l’artisanat d’excellence. Le Maroc abrite des techniques de plus en plus rares, telles que le tissage du brocart de soie ou la damasquinerie de Meknès, qui dépendent de la survie d’une poignée de maîtres artisans. La fondation agit comme une structure de transmission, facilitant le passage de relais entre les anciens et les jeunes apprentis. En documentant les gestes techniques et en finançant des ateliers de formation, elle évite que des siècles d’ingéniosité technique ne disparaissent avec leurs derniers détenteurs.
Un pont entre mémoire et modernité
Cette action ne se limite pas à une conservation statique ; elle vise à créer un pont entre la mémoire et la modernité. La fondation encourage la réinterprétation des codes traditionnels par des designers contemporains pour assurer leur viabilité commerciale et leur présence dans le quotidien des Marocains. Qu’il s’agisse de l’architecture vernaculaire ou de l’art du costume, l’objectif est de démontrer que le patrimoine n’est pas un reliquat du passé, mais un système culturel vivant capable de s’adapter aux nouveaux usages sans perdre son essence.
Un catalyseur pour le rayonnement international
L’appui aux dossiers de l’UNESCO
Avec ce nouveau statut, la Fondation Yzza Slaoui renforce également son rôle d’ambassadrice de la culture marocaine sur la scène mondiale. Elle apporte un appui technique et documentaire précieux aux dossiers de candidature portés par le Maroc auprès de l’UNESCO pour l’inscription de nouveaux éléments au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Son expertise est sollicitée pour définir les mesures de sauvegarde urgentes et pour sensibiliser les instances internationales à la singularité du patrimoine marocain, des rituels ancestraux aux arts graphiques comme la calligraphie Maghribi.
La fondation participe activement à l’organisation de colloques et de rencontres internationales, permettant de positionner le Maroc comme un modèle de gestion et de valorisation du patrimoine dans la région méditerranéenne et africaine. En facilitant les échanges entre chercheurs, artisans et décideurs, elle contribue à faire de l’identité marocaine un levier de dialogue interculturel. Cette reconnaissance d’utilité publique marque donc le début d’une ère nouvelle pour l’institution, désormais solidement armée pour protéger les trésors immatériels qui font la richesse du Royaume.

