La 19ème édition du festival Jazzablanca se tiendra du 2 au 11 juillet 2026 à Casablanca, confirmant son ancrage dans le calendrier culturel estival avec un format étendu sur dix jours. L’événement introduit cette année une configuration inédite de quatre concerts par soir au sein d’Anfa Park, accueillant un total de cinquante artistes. Avec une première vague de quatorze noms dévoilés, la programmation illustre une volonté d’équilibrer têtes d’affiche mondiales de la pop et du rock, figures de la scène urbaine et explorations jazz pointues.
Une infrastructure redimensionnée au cœur de la métropole
Depuis son installation à Anfa Park, situé sur l’ancien site de l’aéroport, Jazzablanca a radicalement changé d’échelle. Fort d’une affluence record de 70 000 festivaliers lors de l’exercice précédent, l’événement consolide son format sur deux week-ends complets. Cette extension temporelle répond à une stratégie de diversification de l’offre et permet une rotation plus fluide des artistes. La transition vers cet espace vert permet de structurer différentes zones dédiées aux concerts, à la restauration et à la détente, tout en maintenant l’événement au centre de l’agglomération.
L’organisation d’un tel rassemblement mobilise une logistique de standard international. Plus de 1 500 techniciens, logisticiens et agents de sécurité sont déployés pour assurer la gestion et le bon déroulement des opérations. Pour cette édition 2026, l’accent est mis sur la modernisation des infrastructures d’accueil. La gestion des flux est optimisée par des solutions de billetterie intelligente utilisant des codes QR et des dispositifs de paiement dématérialisés. Au-delà de l’aspect technique, le festival irrigue l’économie locale. La présence de milliers de visiteurs stimule l’activité des secteurs hôteliers, de la restauration et des transports urbains durant la période des festivités. L’événement s’appuie sur une double articulation spatiale : les scènes payantes d’Anfa Park, qui regroupent la Grande scène et la Scène 21, et la scène gratuite installée au Parc de la Ligue Arabe, destinée à maintenir le lien avec le public casablancais élargi.
Des têtes d’affiche historiques sur la Grande scène
La programmation de la Grande scène assume une orientation résolument internationale, capable d’attirer des productions scéniques massives. Le coup d’envoi du jeudi 2 juillet sera marqué par la performance de Robbie Williams. L’ancien membre de Take That, fort de plus de 90 millions d’albums vendus, donnera son premier concert en Afrique du Nord. La capacité du Maroc à accueillir une tournée de cette envergure valide les standards techniques de l’événement et renforce le positionnement de Casablanca sur la carte des tournées mondiales.
Le rock et la pop dominent le premier week-end. Le samedi 4 juillet, le groupe allemand Scorpions montera sur scène pour célébrer ses soixante années de carrière. Leurs compositions, ancrées dans l’histoire du rock, s’adressent à un public intergénérationnel et pérennisent l’attractivité de l’événement auprès des amateurs de formats classiques. La semaine suivante, le jeudi 9 juillet, actera le retour du chanteur Mika, dont le passage en 2023 avait généré une forte mobilisation du public. Le vendredi 10 juillet proposera une incursion dans le rock engagé avec l’artiste colombien Juanes, figure incontournable de la scène musicale latino-américaine contemporaine.
L’émergence des voix contemporaines et urbaines
Parallèlement aux figures historiques, le festival intègre massivement les nouveaux profils de l’industrie musicale mondiale. La chanteuse québécoise Charlotte Cardin se produira le 9 juillet, partageant l’affiche de cette soirée très attendue. Récemment désignée femme internationale de l’année au Billboard Women in Music 2025 et lauréate d’une Victoire de la Musique en France, elle incarne une pop épurée et technique. Le samedi 11 juillet, la Britannique Jorja Smith clôturera la programmation de la scène principale. Détentrice de deux Brit Awards, elle représente l’évolution actuelle de la musique soul et du R&B.
Les esthétiques urbaines et hybrides occupent également une place stratégique dans cette 19ème édition. La chanteuse franco-haïtienne Naïka est programmée le dimanche 5 juillet. Son répertoire fusionne des influences caribéennes avec des rythmiques pop, reflétant une identité musicale plurielle adaptée aux attentes des jeunes publics urbains. Le mardi 7 juillet, les festivaliers découvriront le rappeur et compositeur franco-algérien Rilès. Reconnu pour son modèle de production indépendant, il impose une signature singulière qui navigue entre les codes du hip-hop et de la pop moderne.
La Scène 21, épicentre des hybridations jazz et soul
Malgré son ouverture aux musiques actuelles grand public, Jazzablanca préserve son identité conceptuelle à travers la programmation de la Scène 21. Cet espace est strictement dédié aux performances live exigeantes et aux formes exploratoires du jazz. Dès le 2 juillet, la trompettiste britannico-bahreïnie Yazz Ahmed y présentera ses compositions, caractérisées par la fusion de sonorités moyen-orientales et d’arrangements jazz contemporains. Le lendemain, le guitariste américain Cory Wong, membre fondateur de la formation Vulfpeck, livrera une prestation instrumentale orientée vers le funk moderne.
Le samedi 4 juillet, le chanteur américain José James investira la Scène 21 pour un hommage exhaustif au répertoire de Marvin Gaye, confirmant son statut vocal dans le domaine de la soul moderne. L’espace fait également la part belle aux créations de fusion avec, le lundi 6 juillet, le trompettiste franco-marocain Daoud, dont le projet superpose les structures du jazz aux rythmiques hip-hop et électroniques. Enfin, l’épaisseur historique des musiques afro-américaines sera décortiquée le mercredi 8 juillet avec Thee Sacred Souls, formation dédiée à la soul classique, suivie le jeudi 9 juillet par Fantastic Negrito. Ce triple lauréat des Grammy Awards proposera une relecture brute des racines du blues et du funk.

