Maroc et Égypte : un parcours culturel pour le dialogue

Le Caire accueille, du 24 au 31 janvier 2026, la première édition du Parcours culturel pour le dialogue et la mémoire. Organisé conjointement par le Forum méditerranéen de la jeunesse au Maroc et la Bibliothèque d’Alexandrie, cet événement marque une nouvelle étape dans la coopération institutionnelle entre Rabat et Le Caire. Il vise à consolider les liens historiques par le biais d’échanges intellectuels et patrimoniaux.

Une initiative stratégique pour la mémoire commune

Cette manifestation s’inscrit dans une volonté politique claire de renforcer l’axe Rabat-Le Caire à travers le « soft power ». Loin des simples échanges protocolaires, le programme établi pour cette semaine de travaux privilégie l’immersion et la production intellectuelle commune.

L’alliance de la société civile et des institutions

L’organisation de cet événement repose sur un partenariat bipartite strict. D’un côté, le Forum méditerranéen de la jeunesse au Maroc mobilise la société civile et la jeunesse intellectuelle du Royaume. De l’autre, la Bibliothèque d’Alexandrie (Bibliotheca Alexandrina), institution de référence dans le monde arabe, apporte son expertise archivistique et logistique. L’Ambassade du Maroc au Caire assure la coordination diplomatique, garantissant le portage officiel de l’initiative.

Ce rapprochement entre le Maroc et l’Égypte permet de mutualiser les ressources documentaires et humaines. Les délégations présentes travaillent sur la création de canaux de communication pérennes entre les chercheurs des deux pays. L’objectif est de dépasser la barrière de la distance géographique pour établir une continuité dans l’étude de l’histoire méditerranéenne et nord-africaine.

Une semaine d’immersion culturelle

Le programme s’étale sur huit jours, du 24 au 31 janvier 2026. Les participants suivent un itinéraire conçu pour couvrir les aspects historiques et contemporains de la relation bilatérale. Les sessions de travail alternent entre conférences académiques au siège de la Bibliothèque d’Alexandrie et visites de sites patrimoniaux au Caire.

Les ateliers thématiques abordent la préservation de la mémoire collective face aux défis de la numérisation et de la mondialisation. Des experts marocains et égyptiens y confrontent leurs méthodologies en matière d’archivage et de valorisation du patrimoine immatériel. Ce partage d’expertise technique vise à harmoniser les pratiques de conservation entre les deux nations.

La culture, pilier de la diplomatie maroco-égyptienne

En marge du parcours culturel, l’actualité diplomatique renforce cette dynamique. La présence marocaine en Égypte en ce début d’année 2026 ne se limite pas aux échanges de la jeunesse, mais s’étend aux industries créatives et à l’édition.

Le livre comme vecteur de coopération

La tenue de la 57e Foire internationale du livre du Caire (CIBF), fin janvier 2026, offre une plateforme supplémentaire pour le dialogue entre le Maroc et l’Égypte. Une délégation officielle marocaine, menée par des représentants de la Direction du livre, y a tenu des réunions de travail avec les responsables égyptiens du secteur.

Mme Drous, représentant la partie marocaine, a échangé avec Mohamed Ezzat et Haitham Younes, figures clés de l’édition égyptienne. Les discussions ont porté sur la cession de droits d’auteur, la co-édition d’ouvrages historiques et la facilitation de la circulation du livre entre le Maghreb et le Machrek. Ces négociations techniques doivent aboutir à des accords-cadres facilitant l’exportation de la littérature marocaine vers le marché égyptien et inversement.

Le dialogue interculturel face aux enjeux régionaux

Le renforcement de l’axe culturel entre le Maroc et l’Égypte répond à un impératif de stabilité régionale. Dans un contexte géopolitique complexe, les deux pays utilisent la culture comme un levier de résilience. Les initiatives comme ce parcours culturel permettent de dépolitiser certaines interactions pour se concentrer sur le socle identitaire commun.

Les organisateurs insistent sur la nécessité d’impliquer les nouvelles générations dans ce processus. En connectant les jeunes leaders du Forum méditerranéen avec les structures académiques égyptiennes, le projet assure la transmission d’une mémoire partagée. La coopération entre le Maroc et l’Égypte dépasse ainsi le stade des déclarations d’intention pour s’ancrer dans des actions de terrain, structurantes pour l’avenir des relations bilatérales.