Musique andalouse : une saison culturelle 2026 à Casablanca

Le 12 février 2026, à Casablanca, l’Association marocaine de la musique andalouse inaugure sa nouvelle saison musico-culturelle au Théâtre Mohamed Zefzaf. Placée sous le thème « Le Maroc en musique », cette ouverture de saison met à l’honneur plusieurs expressions musicales structurantes du patrimoine marocain, au premier rang desquelles la musique andalouse, également connue sous le nom d’Al-Ala.

Cette saison s’inscrit dans une dynamique de valorisation et de transmission des répertoires musicaux traditionnels, dans un contexte où les initiatives associatives jouent un rôle central dans la préservation du patrimoine immatériel.

Une ouverture de saison dédiée à la diversité musicale marocaine

L’événement du 12 février marque le lancement officiel de la saison 2026 de l’Association marocaine de la musique andalouse. La programmation de cette soirée inaugurale réunit plusieurs traditions musicales marocaines, illustrant la diversité des formes et des écoles qui composent le paysage musical du Royaume.

Outre la musique andalouse, le programme intègre des expressions telles que le Gharnati, le Chgouri, le Samaâ et des formes issues de la tradition musicale du Nord. Cette pluralité reflète la richesse des héritages transmis à travers les siècles et ancrés dans des contextes régionaux distincts.

L’ouverture de saison se veut à la fois un temps artistique et un moment de sensibilisation du public aux fondements historiques et culturels de ces musiques.

La musique andalouse, socle du patrimoine musical savant

Au Maroc, la musique andalouse occupe une place structurante dans le patrimoine musical savant. Héritière des traditions musicales développées en Al-Andalus à partir du Moyen Âge, elle s’est progressivement enracinée dans plusieurs villes marocaines, où elle a été conservée, codifiée et transmise.

L’Al-Ala repose sur un système musical rigoureux, articulé autour des noubas, ensembles de pièces vocales et instrumentales organisées selon des modes, des rythmes et des structures poétiques précis. Cette organisation confère à la musique andalouse une dimension à la fois artistique, savante et pédagogique.

Longtemps transmise par voie orale, elle a bénéficié, au fil du temps, d’un travail de notation, d’archivage et de formalisation mené par des maîtres, des ensembles et des institutions culturelles. Aujourd’hui, elle constitue l’un des piliers du patrimoine immatériel marocain.

Une pluralité d’écoles et de traditions régionales

La musique andalouse marocaine ne se limite pas à une forme unique. Elle se décline selon plusieurs écoles régionales, chacune ayant développé ses spécificités stylistiques, instrumentales et interprétatives.

Les traditions de Fès, Tétouan, Rabat ou encore Oujda ont contribué à façonner des variantes reconnues, tout en respectant un socle commun. À ces formes s’ajoutent des répertoires connexes, comme le Gharnati ou le Chgouri, qui témoignent de circulations historiques et culturelles entre les territoires.

La saison musico-culturelle de l’Association marocaine de la musique andalouse met en lumière cette diversité, en proposant une approche globale du patrimoine musical marocain, au-delà d’une seule tradition.

Le rôle central des associations culturelles

Dans le champ de la musique patrimoniale, les associations jouent un rôle déterminant. Elles assurent la transmission des savoirs, l’organisation de concerts, la formation des jeunes musiciens et la médiation auprès du public.

L’Association marocaine de la musique andalouse s’inscrit dans cette logique. À travers ses saisons culturelles, elle contribue à maintenir un lien entre les maîtres, les interprètes et les nouvelles générations. Elle agit également comme un relais entre les institutions culturelles, les artistes et les publics.

Ce travail associatif complète l’action des conservatoires et des structures académiques, en proposant des formats accessibles, réguliers et ancrés dans la vie culturelle locale.

Casablanca, un pôle culturel en mutation

Le choix de Casablanca pour l’inauguration de la saison 2026 s’inscrit dans une évolution plus large du paysage culturel marocain. Longtemps perçue avant tout comme une capitale économique, la métropole s’affirme progressivement comme un pôle culturel majeur.

Le développement de lieux dédiés aux arts vivants, la programmation régulière de saisons musicales et l’émergence d’initiatives associatives contribuent à structurer une offre culturelle diversifiée. Le Théâtre Mohamed Zefzaf s’inscrit dans cette dynamique, en accueillant des événements consacrés aussi bien à la création contemporaine qu’au patrimoine.

Dans ce contexte, la musique andalouse trouve une place renouvelée, à la croisée de la transmission patrimoniale et de la diffusion auprès de nouveaux publics.

Une ambition de transmission et de continuité

Au-delà de l’événement inaugural, la saison musico-culturelle 2026 portée par l’Association marocaine de la musique andalouse s’inscrit dans une ambition de long terme. Il s’agit de consolider la place des musiques traditionnelles dans l’espace public, de favoriser leur compréhension et de garantir leur continuité.

La transmission ne se limite pas à la reproduction des formes anciennes. Elle implique un travail pédagogique, une contextualisation historique et une adaptation aux publics contemporains. En ce sens, les saisons culturelles constituent un outil structurant pour inscrire durablement ces répertoires dans la vie culturelle marocaine.

À travers cette ouverture de saison à Casablanca, l’Association marocaine de la musique andalouse réaffirme le rôle de la musique comme vecteur de mémoire, de savoir et de cohésion culturelle.