Université marocaine des sciences de la culture : le projet

Le Maroc franchit une étape historique dans la gestion de son capital immatériel avec le lancement opérationnel de l’Université internationale des sciences de la culture et du patrimoine. Le premier Conseil d’Administration de cette institution s’est tenu à Tétouan le 30 janvier 2026 sous la présidence d’André Azoulay, Conseiller de SM le Roi. Ce projet marque une volonté politique d’institutionnaliser la transmission des savoirs ancestraux tout en les adaptant aux enjeux contemporains de la mondialisation.

Tétouan-Essaouira : un axe stratégique pour le patrimoine

Le choix de l’implantation géographique n’est pas fortuit. L’université repose sur un binôme urbain symbolique : Tétouan, carrefour des influences andalouses et méditerranéennes, et Essaouira, ca

rrefour du dialogue interculturel et de la diversité. Cet axe permet de couvrir un spectre large de l’identité marocaine, allant de l’architecture citadine aux traditions orales. L’Université marocaine des sciences de la culture utilise ces deux villes comme des laboratoires à ciel ouvert pour l’étude des sédimentations historiques. Le projet bénéficie d’une convention de partenariat relative à la gestion et au financement du projet associant plusieurs acteurs académiques.

La présidence d’André Azoulay : une vision de l’altérité marocaine

Lors de la session inaugurale, André Azoulay a souligné que cette université n’est pas seulement un centre d’enseignement, mais un outil de diplomatie culturelle. La structure vise à promouvoir le modèle marocain de coexistence et de pluralité. Cette approche s’inscrit dans une dynamique nationale où la culture devient un levier de souveraineté. La création de cette entité fait suite aux succès récents du Royaume, notamment avec les joyaux culturels inscrits à l’UNESCO qui témoignent de la richesse nationale.

Les piliers du projet : diversité, mémoire et modernité

Le projet pédagogique et scientifique de l’établissement s’articule autour d’un triptyque fondamental. Il s’agit de transformer la richesse historique en un moteur de développement économique et social durable pour le pays.

La mémoire comme levier de cohésion sociale

L’université place la préservation de la mémoire au centre de ses cursus. Cela inclut l’inventaire et la numérisation des archives, l’étude des dialectes et la protection des sites archéologiques. Cette mission répond à un besoin urgent de protéger le patrimoine contre l’érosion du temps et les risques de spoliation culturelle. L’institution valorise des domaines spécifiques comme la poésie marocaine entre héritage et renouveau pour consolider le socle de l’identité.

Intégrer la modernité : l’économie de la culture au 21ème siècle

L’Université marocaine des sciences de la culture rejette une vision passéiste du patrimoine. Elle intègre les technologies numériques, comme l’intelligence artificielle et la photogrammétrie, pour la restauration et la mise en valeur des monuments. L’objectif est de professionnaliser le secteur en formant des gestionnaires capables de créer des industries culturelles génératrices d’emplois. Les étudiants pourront par exemple analyser le système culturel structuré du caftan sous un angle économique et technologique.

Missions et objectifs académiques de l’Université marocaine des sciences

L’université se dote de prérogatives larges pour répondre aux standards internationaux de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique spécialisée.

Former les futurs experts du patrimoine immatériel

Les cursus proposés visent à combler le déficit d’experts qualifiés dans des domaines pointus tels que la muséologie, la gestion des sites classés et la sauvegarde des arts traditionnels. L’Université marocaine des sciences de la culture propose des formations diplômantes qui allient théorie académique et immersion pratique. Cette professionnalisation est essentielle pour accompagner les grands chantiers du Royaume, notamment dans le secteur du tourisme culturel et de l’artisanat de luxe.

Un rayonnement international par la recherche et l’innovation

En tant qu’université internationale, l’établissement favorise les échanges avec des institutions étrangères de premier plan. Elle a pour vocation d’accueillir des chercheurs du monde entier travaillant sur les cultures méditerranéennes et africaines. Par la publication de travaux originaux et l’organisation de colloques scientifiques, l’Université marocaine des sciences de la culture entend positionner le Maroc comme un leader intellectuel dans le domaine des sciences humaines.