Forum international méditerranéen : le Maroc à Athènes

La Méditerranée a trop souvent été réduite à une simple frontière, une ligne de fracture séparant le Nord du Sud, l’Europe de l’Afrique. Pourtant, le 2 décembre 2025, c’est une tout autre vision qui a prévalu dans l’agglomération d’Athènes, au cœur de la Grèce. Dans la salle culturelle de la municipalité d’Héraklion, intellectuels, juristes, artistes et acteurs de la société civile se sont réunis pour donner corps à une ambition commune : transformer ce bassin maritime en un espace de connexion fluide et permanent. L’inauguration de cette première édition du Forum international méditerranéen « Atlas » marque une étape décisive dans la diplomatie civile marocaine, réaffirmant le rôle du Royaume comme pivot incontournable entre les continents.

La Méditerranée a trop souvent été réduite à une simple frontière liquide, une ligne de fracture séparant le Nord du Sud, l’Europe de l’Afrique. Pourtant, le 2 décembre 2025, c’est une tout autre vision qui a prévalu dans l’agglomération d’Athènes, au cœur de la Grèce. Dans la salle culturelle de la municipalité d’Héraklion, intellectuels, juristes, artistes et acteurs de la société civile se sont réunis pour donner corps à une ambition commune : transformer ce bassin maritime en un espace de connexion fluide et permanent. L’inauguration de cette première édition du Forum international méditerranéen « Atlas » marque une étape décisive dans la diplomatie civile marocaine, réaffirmant le rôle du Royaume comme pivot incontournable entre les continents.

Un acte fondateur au carrefour des civilisations

L’histoire et la géographie ont dicté le choix du lieu. En lançant cette initiative sur le sol grec, berceau de la démocratie et de la philosophie antique, les organisateurs marocains ont posé un geste symbolique fort. Il ne s’agissait pas seulement d’organiser un colloque, mais de tisser un lien organique entre deux nations millénaires qui partagent, chacune sur sa rive, la garde des portes de la Méditerranée.

Athènes et Rabat : la symbolique d’un dialogue renouvelé

Le lancement du Forum international méditerranéen à Athènes résonne comme un appel à revisiter l’héritage commun du « Mare Nostrum ». Loin des turbulences géopolitiques qui agitent parfois la région, cet événement a mis en lumière la profondeur des liens qui unissent le Maroc à l’Europe du Sud. La date du 2 décembre 2025 restera gravée comme le moment où la société civile a pris le relais des chancelleries pour insuffler une dynamique nouvelle.

L’objectif affiché était clair : dépasser les constats habituels sur les crises migratoires ou sécuritaires pour se concentrer sur ce qui unit. En choisissant la Grèce pour cette première escale, le forum a souligné la pertinence du modèle marocain de tolérance et d’ouverture. Le Royaume, fort de sa stabilité et de sa profondeur historique, se projette ici non plus comme un simple voisin de l’Europe, mais comme un partenaire stratégique capable d’exporter sa vision d’un monde unifié. Les échanges ont d’emblée placé la barre haut, refusant la fatalité d’une Méditerranée fracturée pour privilégier l’image d’un archipel de cultures interconnectées où Rabat et Athènes agissent comme des phares.

Une programmation intellectuelle de haute volée

La richesse des débats a tenu ses promesses, articulée autour d’une thématique centrale aussi complexe qu’actuelle : « La Méditerranée : monde divisé et monde unifié ». Pour décrypter cette dualité, le Forum international méditerranéen a fait appel à des expertises variées, croisant le regard du droit, de la sociologie et de l’histoire.

Panagiotis Andrikopoulos, éminent avocat au barreau d’Athènes, a livré une analyse rigoureuse des cadres juridiques et politiques qui régissent les relations entre les deux rives. Son intervention a permis de mettre en perspective les défis législatifs qui freinent parfois la fluidité des échanges, tout en proposant des pistes pour harmoniser les approches. Il a insisté sur la nécessité de créer des espaces juridiques communs qui facilitent la coopération plutôt que de l’entraver.

En écho à cette approche structurelle, Abdelkhalek Hassani, professeur et figure active du tissu associatif en France, a porté la voix de la diaspora. Son intervention a mis en exergue le rôle fondamental des compétences marocaines établies en Europe. Loin d’être de simples observateurs, ces expatriés constituent un levier de développement puissant, agissant comme des traducteurs culturels et économiques entre leur pays d’origine et leur terre d’accueil. Hassani a démontré comment cette « diplomatie des talents » contribue concrètement à réduire le fossé entre les peuples, transformant la migration en un vecteur d’enrichissement mutuel plutôt qu’en sujet de discorde.

De la réflexion à l’action : la Déclaration d’Athènes

Au-delà des constats académiques, l’événement avait pour vocation de produire des résultats tangibles. La dimension culturelle et artistique n’a pas été traitée comme un simple agrément, mais comme un pilier central de la stratégie d’influence déployée lors de ce Forum international méditerranéen. L’art a servi de démonstration concrète que le dialogue dépasse les mots.

La culture comme ciment diplomatique

La présence remarquée de l’artiste marocain Mohammed Qermad a incarné cette volonté de placer l’esthétique au cœur des échanges. Maître calligraphe reconnu, Qermad a offert aux participants une immersion dans l’art de la lettre arabe, rappelant que la culture islamique a, pendant des siècles, irrigué la pensée et les arts en Méditerranée.

Ses œuvres et ses interventions ont agi comme un rappel puissant : là où les discours politiques peuvent parfois se heurter à des murs idéologiques, l’art traverse les frontières sans visa. La calligraphie, avec ses courbes et sa rigueur mathématique, devient un langage universel, un « soft power » visuel qui séduit et invite à la contemplation. En intégrant cette dimension artistique, le forum a prouvé que la compréhension de l’autre passe aussi par l’émotion et le beau. Cette séquence a permis de déconstruire les préjugés et de montrer un visage du Maroc rayonnant, fier de son patrimoine et généreux dans son partage. C’est précisément cette approche holistique, mêlant l’intellectuel à l’artistique, qui a donné à l’événement sa tonalité unique, loin des conférences technocratiques habituelles.

Vers une institutionnalisation de la coopération régionale

L’aboutissement majeur de cette rencontre réside dans l’adoption de la « Déclaration d’Athènes ». Ce document fondateur ne se contente pas de synthétiser les débats ; il trace une feuille de route ambitieuse pour l’avenir. Les participants ont unanimement appelé à pérenniser cette initiative, recommandant que le Forum international méditerranéen devienne un rendez-vous régulier, annuel ou bisannuel, itinérant entre les grandes cités du bassin.

Cette déclaration institutionnalise une vision : celle d’une société civile qui ne subit pas l’histoire mais l’écrit. Elle réaffirme avec force le statut du Maroc comme trait d’union indispensable entre l’Afrique et l’Europe. En prenant le leadership de cette dynamique depuis Athènes, les acteurs marocains envoient un signal fort à la communauté internationale. Le Royaume n’est pas seulement un gardien des frontières, il est un bâtisseur de ponts.

La déclaration insiste également sur l’urgence d’aborder de front les défis contemporains tels que le changement climatique, qui menace l’ensemble de l’écosystème méditerranéen, ou les questions identitaires qui nécessitent un apaisement. En posant ces jalons, le forum s’est doté d’une mission à long terme : construire une « Méditerranée des projets » où la coopération n’est plus une option, mais une nécessité vitale pour la stabilité et la prospérité de la région.