La Commission du CCM (Centre Cinématographique Marocain) a tenu sa troisième et dernière session de l’année 2025, du 11 au 21 décembre à Rabat. Cette réunion décisive pour l’industrie cinématographique nationale a permis d’examiner les dossiers de candidature à l’avance sur recettes avant production et à l’aide à l’écriture. Sous la présidence d’Amine Nasseur, les membres ont statué sur l’attribution d’une enveloppe globale destinée à soutenir la dynamique de production pour l’exercice 2026.
Les poids lourds de la fiction dominent les débats
L’analyse des résultats révèle une concentration des fonds majeurs sur des réalisateurs confirmés, porteurs de projets à gros budget. La Commission du CCM a ainsi validé le financement de plusieurs longs-métrages de fiction, privilégiant la solidité des dossiers de production.
Nabil Ayouch et Kamal Kamal captent les dotations records
Le montant le plus élevé de cette session a été attribué au projet « Cours, et sans tristesse ». La société de production Ali’n Productions, dirigée par Nabil Ayouch, bénéficie d’une avance sur recettes de 3,7 millions de dirhams. Ce soutien confirme la position centrale du réalisateur dans l’écosystème audiovisuel marocain.
Juste derrière, le cinéaste Kamal Kamal obtient une enveloppe de 3,5 millions de dirhams pour son nouveau long-métrage intitulé « Les Pâtissières de Okacha ». Ce projet, porté par la société Med Production, s’inscrit dans la lignée des fresques sociales et historiques affectionnées par le réalisateur. Ces deux allocations représentent une part substantielle du budget total alloué lors de cette session.
Une sélection exigeante sous la présidence d’Amine Nasseur
Pour cette fin d’année 2025, la Commission du CCM a opéré une sélection rigoureuse parmi les dizaines de scénarios déposés. Présidée par Amine Nasseur, l’instance a évalué la faisabilité technique et financière des projets autant que leur pertinence artistique. Outre les deux têtes d’affiche, d’autres productions ont reçu des montants compris entre 2 et 3 millions de dirhams, garantissant un volume de production stable pour le premier semestre 2026. Les critères d’attribution reflètent une volonté de professionnaliser davantage le secteur en soutenant des structures capables de mener leurs films vers une reconnaissance au-delà des frontières.
Documentaire et culture hassanie : un ancrage régional confirmé
Le soutien à la création documentaire, spécifiquement celle liée à la culture, l’histoire et l’espace sahraoui hassani, constitue le second axe fort de cette délibération. La Commission du CCM applique ici les directives visant à valoriser le patrimoine immatériel des provinces du Sud.
Focus sur le patrimoine sahraoui : trois projets plébiscités
Trois documentaires consacrés à la culture hassanie ont décroché la dotation maximale pour cette catégorie, fixée à 750 000 dirhams par projet. Parmi les bénéficiaires figure le film « L’Eau de Noé », réalisé par Mariam Ait Belhoucine. Ce projet explore les problématiques hydrauliques ancestrales dans les zones arides.
Le second projet retenu, « Dame Argane du désert », bénéficie également de 750 000 dirhams. Il met en lumière le savoir-faire féminin lié à l’exploitation de l’arganier dans les zones sahariennes. Ces financements permettent aux sociétés de production basées à Laâyoune et Dakhla de maintenir une activité régulière et de documenter l’histoire locale.
Les soutiens complémentaires : écriture et aide après production
Au-delà de la production, la Commission du CCM a octroyé des aides à la réécriture de scénarios pour des montants de 50 000 dirhams, visant à renforcer la qualité narrative des futurs métrages. Des aides après production ont également été débloquées pour permettre la finalisation technique de films dont le tournage est achevé. Ces fonds couvrent généralement les frais de montage, d’étalonnage et de mixage sonore, étapes cruciales pour assurer une compétitivité technique aux œuvres marocaines dans les festivals internationaux.

