Festival International des Nomades 2026 à M’Hamid El Ghizlane

Prévu au printemps 2026, le Festival International des Nomades fera son retour à M’Hamid El Ghizlane, aux portes du Sahara marocain. Créé en 2004, cet événement culturel s’est imposé comme un rendez-vous majeur dédié aux cultures nomades, mêlant concerts, expositions, artisanat et forum de réflexion. Pour sa 21 édition, le festival entend poursuivre son double objectif : valoriser un patrimoine vivant menacé par les mutations contemporaines et inscrire la culture comme levier de développement pour les territoires sahariens.

Un festival ancré aux portes du Sahara

M’Hamid El Ghizlane, territoire de nomadisme

Située dans la vallée du Drâa, M’Hamid El Ghizlane occupe une position stratégique dans l’histoire des routes caravanières reliant le Maroc subsaharien au reste du Maghreb. L’oasis a longtemps été un point de passage pour les populations nomades, les commerçants et les tribus sahariennes. Aujourd’hui encore, le territoire porte les traces d’un mode de vie fondé sur la mobilité, l’adaptation à un environnement contraignant et la transmission orale des savoirs.

Le choix de ce lieu n’est pas symbolique. Il conditionne l’identité même du Festival International des Nomades, conçu dès l’origine comme un événement implanté dans son territoire, et non comme une vitrine culturelle déconnectée de son contexte local.

La création du Festival International des Nomades

Lancé en 2004 à l’initiative de l’Association Nomades du Monde, le festival répond à un constat clair : la fragilisation progressive des cultures nomades face à la sédentarisation, à la pression climatique et aux transformations économiques du sud marocain. L’objectif initial est double : préserver un patrimoine vivant et créer un espace de rencontre entre les populations locales et des artistes venus d’autres horizons.

Au fil des éditions, le Festival International des Nomades a élargi son périmètre, tout en conservant cette ligne directrice fondée sur la transmission et le dialogue culturel.

Préserver et transmettre les cultures nomades

Musiques, contes et traditions sahariennes

La programmation musicale constitue l’un des piliers du festival. Elle met en avant les musiques traditionnelles sahariennes, amazighes et subsahariennes, interprétées par des artistes issus de communautés nomades ou de territoires historiquement liés au désert. Les concerts se déroulent en plein air, dans un cadre volontairement épuré, qui privilégie l’écoute et la proximité avec le public.

Les traditions orales occupent également une place centrale. Contes, poésie chantée et récits transmis de génération en génération rappellent le rôle fondamental de la parole dans les sociétés nomades, où l’histoire et la mémoire collective ne reposent pas sur l’écrit.

Artisanat, gastronomie et savoir-faire

Le Festival International des Nomades accorde une attention particulière aux savoir-faire artisanaux. Des espaces sont dédiés à la présentation et à la vente de produits issus de l’artisanat local : tissage, travail du cuir, poterie, bijoux traditionnels. Ces activités ne relèvent pas d’une simple animation annexe. Elles constituent un volet économique essentiel pour les artisans de la région.

La gastronomie saharienne est également mise en avant, avec des démonstrations et des dégustations de plats traditionnels préparés selon des méthodes ancestrales. Ces moments permettent de valoriser des pratiques culinaires étroitement liées aux contraintes du désert.

Une programmation artistique ouverte sur le monde

Concerts et performances multiculturelles

Si le festival revendique un ancrage local fort, il s’inscrit aussi dans une dynamique internationale. La programmation associe des artistes venus d’Afrique de l’Ouest, d’Europe et parfois d’Asie, dans une logique de dialogue entre cultures nomades ou héritières de traditions itinérantes.

Cette ouverture ne vise pas l’accumulation de noms, mais la confrontation de pratiques artistiques. Les concerts et performances sont pensés comme des espaces d’échange, où les influences circulent sans hiérarchie entre traditions locales et expressions contemporaines.

Traditions et créations contemporaines

Le Festival International des Nomades ne se limite pas à une approche patrimoniale figée. Il intègre des formes de création contemporaine inspirées du désert, du voyage et de la mémoire nomade. Arts visuels, installations et performances interrogent la place du nomadisme dans un monde marqué par la sédentarisation et la standardisation culturelle.

Cette articulation entre héritage et création permet au festival de rester pertinent, en évitant l’écueil d’une folklorisation des cultures nomades.

Le forum des nomades : un espace de réflexion

Nomadisme et enjeux contemporains

Au-delà de sa dimension artistique, le festival s’est structuré autour d’un forum de réflexion. Tables rondes et débats abordent des thématiques directement liées aux réalités du territoire : changement climatique, gestion de l’eau, préservation des oasis, transmission culturelle et accès aux services essentiels.

Ces échanges réunissent acteurs associatifs, chercheurs, artistes et habitants, dans un format volontairement accessible. L’objectif n’est pas académique, mais opérationnel : mettre en débat des problématiques concrètes qui concernent les populations sahariennes.

Culture et développement local

Le forum interroge également le rôle de la culture comme levier de développement local. Le Festival International des Nomades est souvent cité comme un exemple de projet culturel contribuant à l’économie locale, en attirant visiteurs, artistes et partenaires dans une zone éloignée des grands circuits touristiques.

Cette dimension territoriale renforce la légitimité du festival auprès des acteurs locaux, qui y voient un outil de visibilité et de structuration économique.

Un événement structurant pour la région du Drâa

Impact économique et touristique

Chaque édition du Festival International des Nomades génère des retombées directes pour M’Hamid El Ghizlane et ses environs. Hébergement, restauration, artisanat et services locaux bénéficient de l’afflux de visiteurs, marocains et étrangers. Le festival contribue ainsi à diversifier l’offre touristique d’une région fortement dépendante des saisons et des conditions climatiques.

Rayonnement d’un territoire saharien

En s’inscrivant dans la durée, le festival a permis à M’Hamid El Ghizlane de gagner une visibilité internationale. Il participe à une reconnaissance plus large des territoires sahariens comme espaces de création, de réflexion et d’innovation culturelle, loin des représentations réductrices du désert comme simple décor touristique.