Cinéma marocain : une nouvelle visibilité en 2026

La sélection de dix projets marocains à l’European Film Market de la Berlinale 2026 confirme l’ancrage du cinéma marocain sur la scène internationale. Cette dynamique intervient dans un contexte de structuration du secteur, de montée des nouvelles générations et de diversification des récits.

Berlinale 2026 : une sélection qui confirme un tournant

Dix projets marocains retenus à l’European Film Market

Dix projets issus du cinéma marocain intégreront le programme dédié aux coproductions de l’European Film Market en 2026. Cette sélection place les réalisateurs marocains au cœur d’un dispositif stratégique pour rencontrer financeurs, distributeurs et programmateurs européens. Elle confirme également le rôle structurant du Centre Cinématographique Marocain.

Pourquoi cette présence compte pour l’industrie nationale

L’EFM est un levier d’accès au financement et à la visibilité. Pour le cinéma marocain, cette exposition intervient au moment où les volumes de production augmentent et où les talents se renouvellent. La présence d’une délégation élargie permet aussi de normaliser les coproductions avec l’Europe, aujourd’hui essentielles au montage financier de nombreux films.

Ce que recherchent aujourd’hui les programmateurs internationaux

Les programmateurs identifient un cinéma marocain ancré dans le réel, porté par des récits sociaux, intimistes ou situés dans des territoires peu représentés. L’intérêt pour les films en amazighe progresse également, en raison d’une demande internationale pour des récits ancrés dans la diversité culturelle du Maroc.

Une industrie qui se structure : cadre, institutions, chiffres

Le rôle central du Centre Cinématographique Marocain (CCM)

Le CCM assure la régulation, le soutien financier, l’autorisation de tournage et la gestion des salles. Il produit chaque année un rapport détaillant les résultats du secteur. Son rôle reste déterminant dans l’orientation des politiques publiques et dans l’encadrement des productions étrangères tournées au Maroc.

Évolution récente : volumes de production, budgets, coproductions

Le pays produit entre 23 et 30 longs-métrages par an. Les budgets progressent grâce aux apports internationaux. Les coproductions avec l’Europe restent dominantes. Le cinéma marocain bénéficie aussi de l’essor des séries, qui stabilise certains métiers techniques.

Les régions les plus actives : Souss, Atlas, Nord, Casablanca

Casablanca concentre une partie de l’industrie technique. Marrakech et Ouarzazate restent des pôles historiques grâce à leurs infrastructures. Le Rif et le Souss montent en puissance, notamment avec les productions amazighes. Ces dynamiques régionales rappellent l’importance de la préservation culturelle évoquée dans l’article sur le patrimoine lié au henné.

Identité du cinéma marocain : thèmes, langues, territoires

La pluralité linguistique : arabe, darija, amazighe

Le cinéma marocain s’exprime en arabe classique, darija et amazighe. Cette diversité linguistique permet de représenter plusieurs réalités culturelles. Les productions amazighes se multiplient dans les régions du Sud et du Nord.

Les grandes thématiques contemporaines

Les films explorent la jeunesse, la famille, la ruralité, la mémoire ou la place des femmes. Plusieurs productions récentes traitent des dynamiques sociales, dans un esprit comparable au traitement du patrimoine culturel dans notre analyse sur le caftan marocain.

Une géographie de tournage variée : désert, médinas, montagnes

Les tournages se répartissent entre Ouarzazate, Fès, Marrakech, les montagnes de l’Atlas et les espaces côtiers. Cette diversité contribue à l’identité du cinéma marocain et attire les équipes internationales. Elle s’inscrit dans une dynamique similaire aux inscriptions patrimoniales évoquées dans l’article sur les monuments juifs d’Asilah.

Réalisateurs clés : pionniers, confirmés, nouvelle génération

Les fondateurs : Bénani, Smihi, Derkaoui, Bouanani

Hamid Bénani, Moumen Smihi, Ahmed Bouanani et Mostapha Derkaoui constituent la base du cinéma marocain moderne. Leurs films posent les repères esthétiques des décennies suivantes.

Les figures des années 2000 : Ayouch, Marrakchi, Bensaïdi

Nabil Ayouch, Laïla Marrakchi et Faouzi Bensaïdi renforcent la visibilité internationale du cinéma marocain. Ils imposent de nouveaux sujets et styles narratifs.

Les voix émergentes : Alaoui, El Moudir, Lazraq

Sofia Alaoui, Asmae El Moudir et Kamal Lazraq sont aujourd’hui présents dans les festivals internationaux. Leur travail renouvelle la narration et confirme la montée d’une nouvelle génération.

Enjeux actuels et dynamiques 2025–2026

La diffusion : fragilité des salles, montée des plateformes

Le réseau de salles reste fragile. Certaines villes ne disposent plus d’infrastructures adaptées. Les plateformes deviennent un débouché important pour le cinéma marocain.

Financement : coproductions et fonds nationaux

Les films marocains s’appuient sur les aides publiques et les coproductions internationales. Ces apports sont essentiels au montage financier.

La question des archives et de la mémoire cinématographique

Les archives restent partielles. Plusieurs films anciens ne sont pas restaurés. La préservation du patrimoine devient un enjeu majeur.

Un public marocain en transformation

Le jeune public consomme davantage de contenus numériques. Les films nationaux doivent composer avec une concurrence globale et des modes de consommation rapides.

Perspectives

Ce que pourrait changer l’exposition à l’EFM 2026

L’exposition à l’European Film Market peut renforcer la visibilité du cinéma marocain et faciliter l’accès aux coproductions.

Les tendances attendues

Les projets en amazighe, les récits centrés sur les territoires et les formes hybrides devraient gagner en importance. Le cinéma marocain poursuit sa structuration et sa reconnaissance internationale.