L’année 2025 marque un tournant décisif pour la recherche archéologique au Royaume. Une série de campagnes de fouilles, menées par l’Institut National des Sciences de l’Archéologie et du Patrimoine (INSAP) en collaboration avec des équipes internationales, a mis au jour des vestiges inédits. Ces trouvailles ne se limitent pas à de simples artefacts ; elles réécrivent des pans entiers de la chronologie historique régionale. Des origines de l’agriculture à l’urbanisme antique, ces 5 découvertes majeures confirment le rôle central du Maroc comme carrefour de civilisations depuis le Néolithique.
La réécriture des origines : Préhistoire et Antiquité
Les recherches récentes ont permis de combler des vides historiques, notamment sur les périodes de transition entre les chasseurs-cueilleurs et les premières sociétés sédentaires. Les résultats obtenus en 2025 remettent en question les modèles établis sur le développement des sociétés complexes en Afrique du Nord.
Oued Beht : La première société agricole complexe du Maghreb
La découverte la plus retentissante de l’année se situe près de Khémisset, sur le site d’Oued Beht. Les archéologues y ont identifié un vaste complexe agricole datant de 3400 à 2900 av. J.-C., dont l’importance a été soulignée par une publication dans la revue scientifique Antiquity. Ce site, d’une superficie comparable à celle de la Troie primitive, révèle l’existence d’une société néolithique structurée, jusque-là inconnue au Maghreb. Les fouilles ont exhumé des fosses de stockage, des céramiques polychromes et des outils lithiques témoignant d’une agriculture intensive et d’échanges commerciaux avec la péninsule ibérique.
Cette mise au jour comble le « chaînon manquant » de la préhistoire nord-africaine. Elle prouve que le Maroc n’était pas en marge des dynamiques méditerranéennes de l’Âge du Cuivre, mais en constituait un pôle actif. Elle figure en tête des 5 découvertes majeures de l’année par son impact sur la compréhension des premières civilisations agraires en dehors de la vallée du Nil.
Taforalt : Le berceau mondial de la médecine par les plantes
Dans la région de l’Oriental, la Grotte des Pigeons à Taforalt a livré une preuve inédite de l’utilisation médicinale des plantes au Paléolithique. L’équipe de recherche a identifié des résidus carbonisés d’Ephedra, une plante aux vertus thérapeutiques, dans des couches sédimentaires datées de 15 000 ans. Cette découverte repousse de plusieurs millénaires l’histoire de la pharmacopée humaine, renforçant la nécessité d’un Centre national de préservation dédié à ces savoirs ancestraux.
L’analyse des restes indique une préparation et une consommation codifiées, probablement liées à des pratiques chirurgicales primitives dont les traces avaient été précédemment identifiées sur des ossements du même site. Taforalt confirme ainsi son statut de site préhistorique de référence mondiale, documentant l’ingéniosité des populations ibéromaurusiennes bien avant l’avènement de l’agriculture.
De la pierre à l’océan : Urbanisme et patrimoine maritime
L’année 2025 a également été prolifique pour les périodes antiques et médiévales. Les fouilles urbaines et sous-marines ont permis de mieux cerner l’organisation spatiale et les réseaux commerciaux du Maroc ancien. Ces avancées complètent la liste des 5 découvertes majeures qui enrichissent l’histoire du Maroc et son patrimoine national.
Chellah : L’exhumation des thermes et du quartier antique
À Rabat, le site du Chellah a fait l’objet d’une campagne de fouilles extensive révélant une partie insoupçonnée de la cité antique de Sala. Les archéologues ont dégagé un nouveau quartier portuaire ainsi qu’un complexe thermal de grande envergure. Ces structures, enfouies sous plusieurs mètres de sédiments, démontrent que l’emprise de la ville romaine était bien supérieure aux estimations précédentes.
Les thermes présentent un état de conservation remarquable, avec des systèmes d’hypocauste (chauffage par le sol) et des fragments de mosaïques géométriques. Ces vestiges éclairent le mode de vie urbain de la Maurétanie Tingitane et l’importance de Sala comme hub économique fluvial et maritime. Cette extension du périmètre archéologique modifie la lecture du plan urbain de la capitale actuelle.
Sijilmassa : 10 siècles d’histoire caravanière révélés
Dans le Tafilalet, les recherches sur le site de Sijilmassa ont permis de cartographier le système hydraulique complexe qui alimentait cette cité mythique du commerce transsaharien. Les fouilles de 2025 ont mis au jour des canalisations souterraines (khettaras) et des bassins de régulation inédits, datant de la fondation de la ville au VIIIe siècle.
Ces infrastructures prouvent la maîtrise technique des ingénieurs de l’époque pour soutenir une démographie importante en milieu aride. Les archéologues ont également localisé des zones de production artisanale (métallurgie, céramique) destinées à l’exportation vers l’Afrique subsaharienne. Sijilmassa s’affirme comme une métropole industrielle médiévale, et non comme une simple étape caravanière.
El Jadida : Les secrets engloutis de l’Atlantique
L’archéologie sous-marine complète ce panorama avec l’identification de plusieurs épaves au large d’El Jadida et de Casablanca. Parmi elles, des navires marchands du XVIIIe siècle et des vestiges militaires liés aux conflits mondiaux du XXe siècle. L’utilisation de sonars de nouvelle génération a permis de localiser ces structures avec précision.
Ces découvertes documentent l’intensité des échanges maritimes sur la façade atlantique marocaine à travers les siècles. Elles apportent des données tangibles sur les routes commerciales, les cargaisons et l’architecture navale. L’inventaire de ce patrimoine submergé clôture la liste des 5 découvertes majeures de 2025, soulignant l’urgence de protéger ces zones maritimes historiques contre le pillage et l’érosion.

